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Histoire de la Mauritanie

Mauritanie Préhistoire

De nombreuses peintures pariétales ou gravures rupestres, au fond de grottes ou sur des falaises, témoignent de présence humaine préhistorique sur l'actuel territoire mauritanien. L'environnement a donc été différent de ce que l'on connaît actuellement : autrefois, la Mauritanie n'était pas un désert mais une région humide avec des cours d'eau et du gibier.

Des bifaces témoignent des débuts de la présence de l'homme, au paléolithique inférieur. Ces outils acheuléens changent de formes, deviennent ovales, triangulaires puis sont accompagnés de hachereaux (outil à biseau tranchant réalisé sur éclat massif). C'est dans l'Adrar et plus particulièrement à Aghmakou et El Beyyed que l'on peut se rendre compte de ces évolutions.

Des grattoirs, pointes, racloirs moustériens nous parviennent du paléolithique moyen. Au nord de la Mauritanie actuelle, l'atérien qui venait sans doute d'Afrique du Nord, nous apporte des outils améliorés avec une extrémité transformée en pédoncule pouvant être emmanché. Les humains anatomiquement modernes du paléolithique supérieur s'établissent sur la côte atlantique vers la baie du Lévrier.

Au début du Néolithique, l'Atérien disparaît avec l'arrivée de population du nord de l'Afrique. La présence humaine est attestée au néolithique par des habitats structurés pendant deux millénaires dans la région du Dhar Tichitt. Des pointes de flèches ont été retrouvées également.

Des populations noires du Bafour, en partie sédentaires, se sont établies en Mauritanie, plus particulièrement dans la région de l'Atar. Ils étaient chasseurs-pêcheurs puis ils ont développés une civilisation agro-pastorale. Ensuite le Sahara s'est étendu, d'autres populations venant de l'est sont parvenues dans cette région comme les Peuls (des pasteurs qui suivent leurs troupeaux) ainsi que d'autres nomades du nord qui sont venus dès le premier millénaire avec leur dromadaires.

Les empires en Mauritanie
L’empire du Ghana — peuplé de noirs (probablement Soninkés) et ethnies vassalisées — qui avait pour capitale Koumbi Saleh (dans le Hodh charghi), est antérieur aux premiers Capétiens de France.

Le mouvement religieux musulman de rite malékite Almoravide formé par des tribus berbères Sanhadja (nomadisant entre le Nord l'actuel Sénégal , l'actuelle Mauritanie et le Sud de l'actuel Maroc) est né sur les rives du fleuve Zenaga (fleuve Sénégal) ou sur les rivages de l’Atlantique . Ce mouvement religieux a donné un empire Almoravide contemporain et rival de l'empire du Ghana. Au Xe siècle, il unifiera certains peuples de l'Adrar et étendra, au XIe, sa domination sur l'empire du Ghana (victoire sur les villes Aoudaghost et Koumbi Saleh). Au XIIe, la Mauritanie devient province de deux empires : l'empire du mali et l'empire Songhaï.

XIVe siècle, plusieurs villes comme Oualata, Chenguiti, Ouadane se développent.

Islamisation et arabisation de la Mauritanie
Au XVe siècle, l’arrivée des Arabes Beni Hassane (ou tribu des Hassanes) venus de Haute-Égypte se fixent dans le Nord et combattent les tribus sanhajas. Ils vont modifier la structure sociale et la composition ethnique de la société mauritanienne, imposer progressivement leur arabe dit encore hassaniyya et dicter, jusqu’à l’occupation française, les rapports de force par l’émergence de leurs émirats à côté de l’émirat des Idawiich. Les émirats qui bordaient le Sénégal — ou « Tass maures » riverains du fleuve selon les terminologies usitées par les gouverneurs français du Sénégal — croiseront longtemps le fer avec les autorités de cette colonie.

Au XVIIe siècle, les tribus Maghfras et zouaya vont se combattre pendant près de 30 ans avant de constituer un nouvel État mauritanien. Un foyer de culture islamique va émerger avec de nouvelles villes florissantes telles que Tinigui, Tidjikja, Tichit, Kasr el-Barka, Rachid. Les tribus gèrent des régions et c'est ainsi que des émirats tels que Trarza, Brakna, Tagant et Adrar arriveront à se maintenir.

D'autres empires à domination musulmane vont s'établir dans le sud tels que l'empire peul du Fouta-Toro ou l'empire du Oualo. Ces empires seront souvent en guerre avec les émirats du nord.

La colonisation de la Mauritanie
La brève colonisation de la Mauritanie peut être présentée par cette chronologie :

1902 : début de la pénétration coloniale.
1903 : la Mauritanie est dite « protectorat des pays maures ».
1904 : elle devient territoire civil.
1920 : la Mauritanie est décrétée colonie française.
1934 : fin de la résistance armée.
1945 : la Mauritanie est territoire d’outre-mer de l’union française.
1957 : la Mauritanie bénéficie de la loi cadre (dite loi Deferre).
1958 : autonome, la République islamique est proclamée le 28 novembre.
1960 : le 28 novembre, l’indépendance nationale est octroyée en vertu des accords franco-mauritanien de restitution de souveraineté.
Les Portugais avaient déjà eu des contacts avec les habitants du banc d'Arguin. Le commerce de la gomme au nord du Sénégal se développe. Le fort Portendick au nord de l'estuaire du fleuve Sénégal ainsi que la vallée du Sénégal deviennent une région servant de base à l'expansion économique des colonies.

Faidherbe considère que les émirats sont source d'insécurité et commence d'abord par annexer l'empire du Oualo avant de conquérir l'autre rive du fleuve. Les peuples maures du Trarza tentent d'instaurer une paix entre les tribus mais dès 1899 l'administrateur Coppolani instituera une Mauritanie occidentale tout en reconnaissant en 1900 les intérêts des espagnols établis au cap blanc.

Le protectorat français s'impose aux émirats. La forte résistance du nord est combattue par les français qui s'établissent dans l'Adrar en 1908 puis du Hodh en 1911. Les frontières sont fixées suite à un accord franco-espagnol. En 1920, la Mauritanie devient une des colonies de l'Afrique occidentale française (l'AOF). 1934 est l'année qui sonne le glas de la résistance puis 1936 sera l'achèvement de l'occupation militaire de la Mauritanie.

Il n'y aura pratiquement pas de développement du pays et juste une domination militaire en se servant des chefs traditionnels afin de sécuriser le territoire (les aménités entre les différentes tribus seront utilisés avec profit par les français). Ce sera Saint-Louis du Sénégal — capitale de l'AOF et du Sénégal — qui sera donc la capitale administrative de la Mauritanie. Il faudra attendre l'indépendance pour voir s'ériger des installations portuaires ou des aéroports. Durant cette période, les populations nomades deviennent de plus en plus pauvres.

Novembre 1945, les sénégalais Lamine Gueye et Léopold Sédar Senghor sont députés de la circonscription qui réunissait le Sénégal et la Mauritanie.

En 1946, la Mauritanie accède au statut de territoire d'outre-mer et le 10 novembre 1946, Ahmeddou Ould Horma Ould Babana devient le premier député mauritanien. Cela permet dès 1948, le développement d'une élite et de partis politiques. La loi-cadre Gaston Deferre du 23 juin 1956 permettra la création d'un pouvoir exécutif local dont la mise en place sera confiée à un avocat Mokhtar Ould Daddah.

La Mauritanie indépendante
Le référendum de 1958 permettra la création, en 1959, de la Constitution mauritanienne de type régime parlementaire. L'indépendance sera proclamée le 28 novembre 1960. Le pays est reconnu officiellement par l'Organisation des Nations unies le 27 octobre 1961 et devient membre fondateur de l'OUA en 1963.

Mokhtar Ould Daddah (1960-1978)
Reprendre l'œuvre inachevée de l'unification des diverses ethnies est l'objectif premier de cette jeune république. Son président Mokhtar Ould Daddah devra s'imposer face aux dissensions internes et l'influence de ses voisins telles que le Maroc ou l'Algérie. En août 1966, il est réélu à la présidence. Il sera confronté à une contestation syndicale marxiste et maoïste qui finira par intégrer l'unique parti au pouvoir quelques années plus tard en 1975.

Le partage du Sahara occidental entre le Maroc et la Mauritanie va générer de graves crises pour le pays. Le conflit avec le front Polisario soutenu par l'Algérie plonge la Mauritanie dans une misère noire (et une famine à cause de la sécheresse de 1978). Malgré le soutien de l'armée française basée à Dakar en décembre 1977, les attaques de villes dans le nord et même de la capitale de Nouackchott par le front polisario ont fini par pousser les militaires mauritaniens à déposer le président Mokhtar Ould Daddah en 1978.

Moustapha Ould Mohamed Saleck, Ahmed Ould Bouceif et Mohamed Khouna Ould Haidalla (1978-1984)
Le 10 juillet 1978, le lieutenant-colonel Moustapha Ould Mohamed Saleck accède au pouvoir. Le Comité militaire de redressement national signe un cessez-le-feu avec le front Polisario. Ce nouveau dirigeant, en proie à des luttes intestines, est remplacé le 6 avril 1979, par le lieutenant-colonel Ahmed Ould Bouceif. Un Comité militaire de salut National est créé. Mort suite à un accident d'avion, il est remplacé le 2 juin 1979, par le colonel Mohamed Khouna Ould Haidalla qui signe avec le front polisario et se retire du Sahara occidental. Divers putshs sont déjoués tandis que l'opposition ne cesse de se développer.

Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya (1984-2005)
Le 12 décembre 1984, le colonel Maaouiya Ould Sid'Ahmed Taya, chef d'état major des armées — Premier ministre (1981-1984) et ministre de la défense — accède au pouvoir par un coup d'état avec l'aide du Comité militaire de salut national dont il est président. Il libéralise l'économie, permet l'organisation des élections au niveau régional et départemental. En 1991, il proclame une nouvelle Constitution, instaure le multipartisme et créé le Parti républicain démocratique et social (PRDS). En 1992, il est élu président de la République et est réélu en 1997, malgré de fortes contestations sur l'état des libertés dans le pays. Crise économique et corruption empêcheront le processus de démocratisation d'arriver à sa fin.

Ely Ould Mohamed Vall (2005-2007)
Le 3 août 2005, l'armée, au travers du Conseil militaire pour la justice et la démocratie (CMJD), prend le pouvoir pour, officiellement, « mettre fin au régime totalitaire du président Taya et mettre en place de véritables institutions démocratiques ». Ce putsch eut lieu alors que le président était sur le chemin du retour de Riyad où il avait assisté la veille aux funérailles du roi Fahd d'Arabie saoudite. Après un cours séjour au Niger et en Gambie, ce dernier se réfugia au Qatar où il obtint résidence permanente.

Le nouvel homme fort du pays, le colonel Ely Ould Mohamed Vall, a été l'un des plus fidèles compagnons de route du président déchu. En effet, responsable de la Sûreté nationale (police mauritanienne) pendant 18 ans, il était à la base de toutes les politiques de répressions successives. Le 21 avril 2006, il autorise l'ex-président Maaouiya Ould Taya, en exil au Qatar, à revenir dans son pays, lui interdisant toutefois de participer aux élections prévues dans le cadre d'une transition démocratique jusqu'en 2007. L'ex-président Maaouiya Ould Taya n'a toutefois pas regagné la Mauritanie.

Conformément à ses engagements formulés lors de sa prise de pouvoir, Ely Ould Mohamed Vall ne s'est pas présenté à l’élection présidentielle de mars 2007, ainsi que tous les militaires qui avaient participé au coup d'État. Aucun des candidats en lice n'avait pu obtenir 50 % des suffrages lors du premier tour. Un second tour a eu lieu le 25 mars 2007.

Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi (2007-2008)
Le nouveau président de la République élu lors de ces élections est Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi. Il prête serment le 19 avril 2007. C'est le premier civil, depuis près de 30 ans, élu démocratiquement sans fraude massive depuis l'indépendance de la Mauritanie. Un vent d'espoir souffle sur le pays : les médias sont plus libres et de nouvelles organisations politiques sont acceptées dont un parti islamiste. Mais des émeutes à cause de la baisse du pouvoir d'achat et l'augmentation de l'insécurité dans le pays affaiblissent le pouvoir du président

Le Premier ministre est Zeine Ould Zeidane mais le 6 mai 2008, il annonce sa démission ainsi que celle de tout son cabinet. Le 11 mai 2008, le Premier ministre Yahya Ould Ahmed Waghf forme son premier gouvernement d'ouverture avec des personnalités de l'entourage du président déchu, ce qui sera peu apprécié par les militaires qui étaient à l'origine du putsch de 2005 sans oublier l'entrée de deux membres islamistes. Trois femmes dont deux du précédent gouvernement rejoignent ce cabinet. Mais une motion de censure est déposée par des députés, le 30 juin 2008. Cette motion n'aboutira pas puisque le gouvernement démissionnera.

Après trois semaines de crise constitutionnelle, le Premier ministre, reconduit dans ses fonctions, compose un nouveau cabinet renouvelé par moitié mais sans ouverture vers l'opposition ni vers la deuxième force politique du pays qui faisait pourtant partie de la majorité présidentielle. Les anciens membres du gouvernement qui semblaient être source de conflit entre le président Sidi Mohamed Ould Cheikh Abdallahi et les militaires ont été écartés afin de permettre le retour à un apaisement mais les membres inconnus du public semblent susciter encore des interrogations.

Mohammed Ould Abdel Aziz (2008)
Lors du coup d'État militaire du 6 août 2008, le président de la République et le Premier ministre sont arrêtés et déposés suite au renvoi de quatre des plus importants officiers militaires du pays[7][8]. Le rapporteur de la présidence annonce que le président Sidi Ould Cheikh Abdallahi est détenu dans le palais présidentiel de Nouakchott. Le nouveau maître du pays est le général Mohammed Ould Abdel Aziz, il préside un Haut Conseil d'État et promet de rapides élections présidentielles. Le 13 août 2008, il nomme un nouveau Premier ministre, Moulaye Ould Mohamed Laghdaf.

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